06 juin 2008
Je suis triste
J'ai une petite dame autour de moi qui est au RMI depuis longtemps. La quarantaine, pas d'enfant, pleine de vie et de bonne volonté.
J'ai souvent fait appel à elle auparavant, lorsque dans mon ancienne vie de pâtissière, je devais combiner les 3 enfants avec un métier sans horaire ni jours fériés (le 24 décembre au soir, on bosse jusqu'à 20 heures après 12 heures de boulot, et le lendemain on renquille à 4 heures du matin, le 25 donc. Idem au jour de l'an).
Bref, cette petite dame est venue souvent garder mes enfants dans ces moments là. Je la payai en chèque emploi service, ça la dépannait c'est sûr, mais bon ce n'était pas un boulot stable.
J'ai la chance, là où je travaille, d'avoir accès à des offres d'emplois émanant directement des DRH qui, souvent, il faut le savoir, ne "publient" pas leurs offres (anpe ou autre). Aucune annonce, rien.
C'est le "réseau" qui fait tout.
Il y a peu j'ai appris qu'une entreprise plutôt importante dans le coin recrutait 10 ouvrières. Un poste assez pointu mais peu fatigant. Qui demande surtout dextérité et précision.
Je mets ma petite dame sur les rangs. Son CV est retenu. Je lui remonte le moral à fond. A la clef, il y a un CDI (même si ce n'est pas dit. Le patron ne veut pas que cela se sache, mais moi je le sais).
J'y ai tellement cru... j'étais tellement contente de faire quelque chose pour cette petite dame. De l'aider. De lui faire bénéficier de cette info que j'avais et qui allait être assez peu ébruitée.
Elle a passé les tests. Seules les 10 meilleures étaient prises.
J'ai vu le recruteur ce soir, ma petite dame doit être 12ème ou quelque chose dans ce goût-là.
Quand je l'ai sû, ma gorge s'est nouée. J'y ai vraiment cru. Je suis tellement déçue pour elle.
Elle va m'appeler tout à l'heure pour me raconter comment se sont déroulés ses tests. Et je vais jouer à celle qui ne connait pas le résultat définitif alors que je le connais.
Je le lui dirai lundi, mais pour l'instant, je n'y arriverai pas.
J'ai l'impression que c'est moi qui ai raté ce boulot. Je ne sais pas pourquoi.
Un sentiment de découragement. D'avoir tellement cru que je pouvais faire quelque chose pour elle et de lui avoir communiqué mon enthousiasme aussi... c'est dur.
Je me dis que les personnes qui s'occupent de ré-insertion professionnelle au quotidien, cela doit être vraiment difficile pour eux. Il faut avoir un moral d'acier, je leur tire mon chapeau car moi, l'échec d'une seule personne, ça me rend triste comme un caillou.